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Chiens et enfants : les bons gestes

Beaucoup de familles recherchent un chien "gentil", adapté à la vie auprès des enfants, évitant tous risques d'accidents ou agressivité. A l'approche des fêtes, la question de la cohabitation chien / enfants se pose.

Chien bagarre

Pour éviter les risques au maximum et réduire leurs gravités, il existe de bons gestes à adopter.

Agression chien

Y a t-il des races moins dangereuses que d'autres ? Plus adaptées à la vie de famille ?

Le risque 0 existe-t-il ?

Comment anticiper une situation dangereuse ?

Quelles sont les causes principales d'accident ?




Les chiens domestiques sont des animaux ayant été sauvages autrefois. Certains gardent plus ou moins cet aspect ancestral mais quoi qu'il arrive, aucun chien, même bien éduqué, perdra totalement son comportement inné.

Quoi que vous entrepreniez, le risque d'accidents domestiques ne pourra jamais disparaître entièrement et comme j'aime à le dire, un chien mordeur le devient à partir de la morsure et ne l'était pas avant cet acte.



I- Les races de famille


Il existe aujourd'hui plus de 300 races officielles de chien à travers le monde. Chacune d'elles a ses spécificités morphologiques et comportementales. Ceci est dû à la sélection exercée par l'Homme sur les canidés, afin de satisfaire ses besoins évoluant à travers les époques.

Ainsi, en fonction des ères du temps et des cultures, l'utilité du chien est différente : chien de garde, chien de défense, chien de combat, chien de chasse, chien d'utilité (recherche en décombres, chien de police ou d'armée, chien de sauvetage), chien de sport, chien de compagnie, chien de canapé, chien de famille, etc.


Chaque spécimen d'une race aura des ressemblances avec ses congénères de la même race, mais chaque individu reste unique et aura des facultés et comportements plus ou moins développés.


Certaines races sont donc en effet prédisposées à attaquer, à protéger, à rester calme, à être énergiques, à obéir, à être peureuses, sensibles, résistantes, plus ou moins proches de l'Humain, etc.

En revanche, cela est basé sur des statistiques, ce qui rend l'aspect vrai et réel pour la majorité des individus de la race concernée, selon la génétique mais certains d'entre eux pourront sortir du lot et s'écarter du standard connu.


MAIS il convient de prendre en compte les expériences du chien, qui auront un impact conséquent sur son caractère à l'âge adulte.

Il s'agit des interactions avec l'extérieur dès la naissance (quantité et qualité), du mode d'éducation privilégié, des règles imposées et de l'état de santé de l'animal.


Donc OUI il existe des races prédisposées à la vie de famille (labrador, golden retriever, caniche, etc.) mais NON choisir une race en admettant que le chien ne causera jamais de dommages est faux, cela permettra seulement de réduire un peu le risque.


II- Les profils adaptés à la vie de famille


En ce qui concerne le caractère, voici les traits à favoriser pour une bonne adaptation en famille, autant pour l'équilibre du chien que pour la bonne entente avec les personnes du foyer :

  • Pas trop excité (sans quoi, le chien pourrait blesser les enfants dans des courses folles ou en mordillant, notamment à la période de l'enfance) ;

  • Patient, afin d'être clément avec les enfants chahutant, insistants ou un peu bruts ;

  • Sachant gérer ses émotions pour arriver à se canaliser dans des situations très stimulantes (cris, objets jetés, course, jeu énergique, etc.) ;

  • Proche de l'Humain afin de ne jamais avoir peur et d'apprécier le contact des petits qui souhaiteront multiplier les interactions avec lui ;

  • Désinhibé pour accepter toutes les situations du quotidien sans réactions virulentes ;

  • Ni harceleur, ni craintif afin d'éviter d'agacer les enfants soit par une trop grande demande de contacts que ces derniers ne sauront pas gérer, soit par une fuite qui risque d'amuser les petits et donc renforcer ce caractère voire mener à de l'agressivité, soit les frustrer ce qui se manifestera par des colères, mauvaises pour l'équilibre du chien ;

  • Obéissant, ce qui s'acquière avec l'âge, certains chiens étant plus "têtus" que d'autres, l'obéissance étant nécessaire à une bonne symbiose dans le groupe et une sécurité dans le respect des règles imposées.



III- Les règles pour le chien ET LES ENFANTS


Toute société a besoin de règles pour que les individus qui la composent puissent cohabiter en réduisant les encombres.

C'est la même chose dans un foyer, avec ou sans animaux.


Souvent, il apparaît évident d'interdire certaines choses au chien, dès son arrivée ou plus tard (monter sur le canapé, manger les chaussures, voler à table, aboyer de manière démesurée, etc.).

Cela est indispensable pour le bien-être de la famille mais également pour celui du chien. En effet, les règles lui permettent d'être rassuré, de savoir par quoi remplacer quelque chose d'interdit et de se positionner au sein de la hiérarchie familiale.

En revanche, attention à deux choses :

  • Ne pas tout interdire au chien. Il s'agit d'un être vivant qui a des besoins auxquels vous devez répondre. Par exemple, un chien ne doit pas être sanctionné lorsqu'il aboie en voyant un congénère ou dans une situation de stress, c'est son mode de communication. Il doit pouvoir circuler librement dans un périmètre assez vaste, etc.

  • Laissez lui le temps de comprendre les règles.

LE CHIEN N'EST PAS LE SEUL A DEVOIR RESPECTER DES REGLES !


Il est indispensable d'apprendre à l'enfant, avant l'arrivée du chien, les gestes autorisés et ceux interdits.

En effet, ces derniers sont souvent responsables de sévices non maîtrisées à l'égard de leurs compagnons à 4 pattes, qui peuvent parfois avoir des conséquences dramatiques.

Et même si Medor, l'ancien chien de la famille, a toujours accepté sans broncher que l'on lui tire la queue et les oreilles, que l'on lui lance des objets dessus, etc., ce ne sera pas forcément le cas de tous. Cela dépend de la patience de chaque individu.


Les enfants doivent donc absolument apprendre à traiter correctement le toutou, en renonçant à toutes les actions dictées ci-dessus.

Il ne faut jamais réveiller un chien par des contacts ou par la surprise.

Ne pas autoriser les enfants à lui donner de la nourriture ou lui retirer quelque chose de la gueule : cela pourrait être dangereux pour sa santé mais également lui développer un comportement de protection de ressources, qui pourrait mener à de l'agressivité ou à un chien voleur.


Enfin, il est essentiel de leur enseigner, avant l'adoption et une fois le chien présent, ses modes de communication (que signifient un grognement, un aboiement, un poil hérissé, des babines qui se lèvent, un chien qui saute, une queue qui bouge, etc.).

De cette façon, l'enfant sera en capacité de reconnaître des signes de danger et faire cesser l'objet de l'agacement du chien.


Bien évidemment, ne jamais laisser, sous aucun prétexte, un enfant seul en présence d'un canidé, même le plus gentil de tous.



IV- Les signaux alarmants


Les chiens sont des êtres vivants sensibles, émotifs et communicants.

Pour ces raisons, il est nécessaire de comprendre leurs signaux et leurs messages.


Un chien peut avoir peur, être stressé, malade, en souffrance, excité, etc. et il manifestera ces sentiments par des mimiques, gestuelles, vocalises bien précises qu'il est nécessaire de comprendre et de prendre en considération en apportant une réponse adaptée pour supprimer l'état d'inconfort.

Pour connaître tous les signaux, cliquez ici.


En effet, un chien se trouvant dans une posture qui le dérange pourra se montrer agressif afin de faire cesser au plus vite la situation. C'est la cause majeure d'accidents domestiques impliquant un chien en France !


Ces situations mènent souvent à des abandons alors que l'animal a simplement une réaction de défense, normale et innée pour son espèce due à une ignorance de ses signaux par les Humains aux alentours (souvent due à un manque de connaissances).


Egalement, un chien malade ou souffrant d'une pathologie ou d'une blessure est un chien susceptible de mordre.

En effet, comme chez l'Humain, une sensation de douleur provoque de l'agressivité, souvent très spontanée, du fait du besoin extrêmement urgent de faire arrêter l'origine de celle-ci.


Si vous remarquez qu'un chien est réactif à certaines manipulations, il convient de l'emmener chez le vétérinaire pour consultation.

En cas de blessure grave, muselez systématiquement le chien avant intervention, qu'il s'agisse du vôtre ou non, soit à l'aide d'une muselière, soit à défaut, à l'aide d'une corde qu'il faudra attacher à l'arrière des oreilles, après l'avoir enroulée sur 2 tours autour du museau.


Aussi, certains chiens (cas très très rares), sont victimes de problèmes neurologiques ou psychologiques se manifestant, entre autres, par des réactions virulentes, souvent sans raisons extérieures ou sans possibilité d'anticipation (pas de situations systématiques).

Ces spécimens doivent absolument être suivis par un vétérinaire comportementaliste pour être mis sous traitement (seule manière de les calmer) et suivre une thérapie comportementale (qui pourra adoucir ou supprimer les réactions du chien, dans quelques cas). Souvent, il s'agit de chiens qui devront être placés dans des structures adaptées, pour la sécurité de tous, les maîtres aussi formés soient ils, risquant un accident à chaque instant.


Enfin, il est important de savoir qu'une attaque (hors raisons médicales), se déroule en 3 phases : la menace, l'agression, l'apaisement (cliquez ici pour en savoir plus), mais certains individus ont appris à ne pratiquer que la 2e, notamment du fait d'Hommes ou de congénères ne respectant pas la phase de menace, qui impliquait systématiquement le passage à l'acte. Ces expériences leur ont permis l'apprentissage opérant de la suppression de la 1e phase, jamais efficace pour faire cesser une situation gênante.



V - Quelques statistiques


Le top 3 des races de chiens mordeurs est constitué en France par :

  • Le berger allemand (17.8%)

  • Le labrador (15.8%)

  • Le Jack Russel (10.3%)

Ces 3 races sont toutes réputées pour être des chiens de famille par excellence, ce qui explique leur large apparition dans les sondages. En effet, plus le nombre d'individus est grand, plus la fréquence de morsures est élevée.


Depuis 20 ans, en France, seules 33 personnes sont décédées des suites d'attaques de chiens, dont 22 de moins de 15 ans et parmi elles 16 de moins de 5 ans.

Ces statistiques montrent que les enfants sont plus touchés par les accidents domestiques canins et cela pour deux raisons :

  • Ils sont plus vulnérables et ont moins les capacités de se défendre qu'un adulte ;

  • Ils ne sont pas assez informés des risques liés à l'animal et ne savent pas répondre à des signaux de menace.

En France, chaque année, près de 500 000 personnes sont victimes de morsures de chiens et 60 000 avec hospitalisation. En période estivale, la fréquence serait plus importante.


Cela est en partie dû à des chiens mal éduqués, pas socialisés, ayant de l'anxiété dans certaines situations menant à des agressions ; des maîtres très mal formés, ne connaissant et ne comprenant pas leur animal, ne prenant pas les mesures pour éviter les accidents (chien attaché, muselé) ; des inconnus impolis, caressant les chiens sans demander l'autorisation du maître, étant insistants ou ne sachant pas se présenter (torse bombé, arrivée rapide ou par surprise, caresses sur le haut du crâne).


Cet article est selon moi essentiel, afin de réduire le nombre et la gravité d'accidents en France, grâce à des gestes simples du quotidien, ne nécessitant pas de formations très poussées sur l'éthologie canine et permettant de maximiser le nombre de maîtres et individus aguerris.


Si ces informations vous ont été utiles, n'hésitez pas à partager. Un simple clic peut éviter des accidents ET des abandons.

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